Module 6 - Pocédures Opérationnelles. Cliquer pour naviguer dans les sous-pages du module :
  1. Généralités - Motoplaneurs
  2. Méthodes de lancements - Motoplaneurs
  3. Technique du Vol à Voile - Motoplaneurs
  4. Circuit et atterrissage - Motoplaneurs
  5. Atterrissage en campagne - Motoplaneurs
  6. Procédures spéciales - Motoplaneurs
  7. Procédures d'urgence - Motoplaneurs
  8. Utilisation du parachute - Motoplaneurs
  9. Cahier d'exercices - Motoplaneurs

Atterrissage en campagne

  1. Conservation du local de zones posables

Partir en vol campagne signifie que le pilote perd la capacité de rejoindre son terrain de départ en vol plané. Cette situation de vol campagne est celles des pilotes qui réalisent une grande balade, ou un vol sportif de longue distance. Toutefois, ce choix de partir en vol campagne ne doit être entrepris que si la perte du local du terrain de départ est compensée par la conservation du local d'une autre zone posable, en toutes circonstances. Cette zone posable peut être, suivant les cas :

  • Un autre aérodrome : le pilote vérifiera que l'aérodrome est ouvert (NOTAM),
  • Un champ répertorié et conventionné avec le mouvement vol à voile : le pilote vérifiera les conditions d'utilisation dans la convention, la hauteur de la culture en fonction de la saison, l’accessibilité en fonction du vent du jour,
  • Un champ à choisir plus tard en vol, dans une zone réputée en contenir suffisamment : le pilote vérifiera que les zones survolées proposent à priori suffisamment de champs (suivant la région, la saison).

Attention, certaines périodes ne permettent pas le vol en campagne du fait de l'indisponibilité de zones posables (Cas de la période s'étalant de mi-juin à mi-juillet en France avec les cultures devenues hautes avant les moissons). Dans certaines régions, aucune zone posable n'est disponible tout au long de l'année, obligeant les pilotes à voler haut ou à contourner ces régions (cas des grandes forêts, des bocages).

Le pilote de motoplaneur n'est pas exempt de cette obligation de conservation de zone posable : en effet, la puissance du moteur ne doit pas être considérer comme immuable.


  1. Choix d'une zone posable

Parmi toutes les options disponibles et atteignable en vol plané, le choix définitif du champ de secours est fait selon plusieurs critères inter-dépendants :

  • Vent : champ de secours orienté correctement, pour prévoir une approche vente de face ou de travers
  • Etat de surface : surface du champ acceptable, sens des sillons, hauteur de la culture?
  • Relief : le champ est-il horizontal? en devers?
  • Distance : Quelle est la longueur du champ ?
  • Obstacle : L'approche finale envisagé est-elle dégagée d'obstacles?

En réalité, il est souvent difficile de trouver une zone parfaitement adaptée dans le temps impartie à cette recherche. Le choix du champ relève de compromis en fonction de la situation réelle. Le tableau ci-dessous présente quelques exemples de compromis.

Par exemple : un obstacle haut en finale est acceptable dans la mesure où il y a du vent de face et que le champ est d'une longueur supérieure au strict minimum.

Par exemple : un champ court est acceptable s'il y a du vent de face, aucun obstacle en courte finale, et sans pente descendante.

Tableau des critères de choix : Favorable, compromis, et dangereux :
Favorable Compromis (1 seul max) Dangers (à proscrire)
V Vent de face ou de travers-face Composante faible de vent arrière Composante forte de vent arrière
E Champ en terre lisse, culture basse Roulage travers aux sillons Culture haute > 60cm
R Horizontal ou pente montante Pente faible en descente Pente fortement descendante

Fort dévers.

D Longueur > 300m 150m < Champ < 300m
O Pas d'obstacle en finale, ni clôture au seuil,

ni dans le champ

Obstacle impactant le plan d'approche à la hausse en finale Obstacles haut en finale

Passer sous une ligne électrique en vol


  1. Différences avec un atterrissage sur aérodrome

Par rapport à un atterrissage classique sur aérodrome, le pilote devrait prendre conscience des différences majeure :

  • Les obstacles doivent être identifiés et évités par le pilote, là où sur un aérodrome le gestionnaire veille aux obstacles dans le volume de l'aérodrome.
  • L'indicateur de vent au sol (manche à air) est absent. le pilote doit s'aider d'autres indicateurs disponibles.
  • Aucune garantie sur la présence d'objet, de personnes, d'animaux sur la zone choisie.
  • Il n'y a pas de trajectoire publiée. D'autres planeurs utiliser le même champ, mais différemment.
  1. Actions après l'atterrissage

Le pilote doit réaliser un certain nombre d'action après l’atterrissage. Certaines sont d'ordre social, d'obligations vis à vis du propriétaire du champ, ou facultatives pour faciliter le retour par la route.

  • Immédiatement après l'arrêt du planeur : prévenir par radio les autres planeurs en vol "Planeur XX, posé en campagne, tout va bien"
  • Immédiatement après l’atterrissage , s'assurer que les autres parties prenantes n'engagent pas de Recherches et Sauvetages (SAR) inutiles  : S'assurer que les contacts avec les services du contrôle aériens ont été clôturés, incluant un éventuel plan de vol. Il est d'ailleurs préférable de clôturer par téléphone si la charge de travail ne permet pas de faire cela en vol. Puis contacter le club, le propriétaire ou le groupe d'ami pour indiquer que tout va bien.
  • Rassurer et remercier toute personne cherchant à vous apporter un "sauvetage".
  • Vous vous êtes imposé "chez les gens" : L'atterrissage en campagne n'est pas un droit à utiliser les propriétés des autres. Le pilote doit s'inquiéter de rechercher le propriétaire du champ : demander aux passants, aux habitants. Il est très probable que le propriétaire ait été prévenu par un de ses voisins, témoin de votre atterrissage. Si le contact est établie avec le propriétaire, entreprendre des excuses et une discutions proactive.
  • Occupant une surface cultivé, une attention particulière doit être portée à ne pas abimer par négligence la culture : la marche doit se faire en évitant de dégrader la culture. Le comportement du pilote, puis de l'équipe de dépannage, sera certainement scruté par les visiteurs, des amis du propriétaire, des habitants depuis chez eux avec des jumelles...Une méprise de la surface cultivé est un handicap en cas de plainte du propriétaire. De même, il ne faut jamais renter avec un véhicule + remorque dans un champ cultivé, mais faire l’effort de pousser le planeur.

Une fois la situation stabilisée, le processus de dépannage peut être débutée :

  • Faire le tour du champ pour identifier le meilleur accès, la meilleure stratégie pour démonter le planeur.
  • Donner à l'équipe de dépannage le point de RDV souhaité pour placer la remorque. En effet, indiquer les coordonnées du milieu du champ n'aide pas l'équipe de dépannage...
  • Ranger le cockpit pour le vider rapidement une fois l'équipe de dépannage sur-place, éventuellement penser au déloggage du fichier de vol s'il s'agissait d'une performance sportive.
  • Préparer le démontage, mais ne rien démonter réellement : retire les scotchs, débrancher les commandes, retirer la sonde pneumatique TE...Il est contre productif de démonter des élements pour les poser au sol (profondeur, ailes, verrière) faible temps gagné au regard du risque de perforer les revêtements sur une pierre enterrée et saillante.


Il faut noter que l'atterrissage en campagne en planeur pur normal n'est pas un incident. Sauf en cas de dégâts, il ne fait pas l'objet d'un compte rendu obligatoire à l'autorité. En revanche, un atterrissage en campagne à bord d'un motoplaneur n'est pas considéré comme normal et devrait faire l'objet d'un compte rendu.

  1. Situations ayant pour solution un atterrissage en campagne

Bien que l'atterrissage en campagne soit souvent vu comme la solution en vol à voile lorsqu'il est impossible de remonter, il devrait aussi être envisager dans d'autres cas moins évidents pour mettre au vol pour conserver la sécurité du vol, particulièrement dans le cas du vol moteur en TMG. En effet, il est possible de délibérément atterrir en campagne lorsque la poursuite du vol est devenue plus dangereuse :

  • Conditions météo qui se dégrade, Nuit aéronautique non anticipée,
  • Anomalie technique (feu, fumée, coupure volontaire moteur suite anomalie...), Constat du manque de carburant pour poursuivre le vol, Moteur qui ne redémarre pas,
  • Problème médical à bord,
  • Sans moteur : Impossibilité d'obtenir une clairance nécessaire pour rentrer, obligation de patienter dans une zone sans convection,